Un lait spécifique à chaque espèce

lait

Chaque mammifère produit un lait de composition différente et adapté à ses besoins.

Ainsi, un veau grossit très vite et a besoin de développer avant tout sa masse musculaire. Il doit donc boire avant tout du lait riche en protides.

Le bébé humain naît immature, grandit lentement par rapport au veau puisqu’il lui faudra 5 à 6 mois pour doubler son poids de naissance. En revanche, son cerveau grossit proportionnellement beaucoup plus vite que celui du veau.

Ils ont donc plutôt besoin d’un lait avec des acides gras à longue chaîne et riche en galactose (sucre du lait).

Le saviez-vous ? Il y a une corrélation entre la taille du cerveau d’une espèce et la quantité de lactose dans son lait !

Source : http://urlz.fr/7Ai3

Les protéines

On peut remarquer environ 3 fois moins de protéines dans le lait maternel que dans le lait de vache. Contrairement aux veaux, les bébés humains n’ont pas besoin de développer leur masse musculaire aussi rapidement.

Le lait maternel contient moitié moins de caséine que le lait de vache et il est différent (majoritairement des caséines beta).  Le « faible taux » de protéines est adapté à la capacité des rénales immatures des bébés.

Les caséines sont des protéines qui coagulent au contact du liquide gastrique. Les caséines du lait maternel coagulent en suspension floconneuse ce qui  facilite sa digestion.

Les protéines du lait maternel sont constituées de 20 acides aminés dont 9 essentielles. C’est-à-dire que le corps ne peut les synthétiser lui-même, ils doivent donc obligatoirement être apportés par le lait.

Les lipides

La teneur en lipides, 35 g/L en moyenne, est proche de celle du lait de vache, mais sa nature est très différente.

La  digestibilité et le coefficient d’absorption sont très supérieurs (80 % pour le lait maternel  et 60 % pour le lait de vache dans les premiers jours, puis 95 % contre 80 % à 3 mois).

Ceci est lié, d’une part à la présence dans le lait maternel d’une enzyme spécifique (une lipase) activée par les acides biliaires du nouveau-né qui compense, l’insuffisance des enzymes pancréatiques et d’autre part à la structure différente des tri glycérides.

Cette structure moléculaire permet une meilleure absorption sous forme de mono glycéride.

Les tri glycérides constituent 98 % des lipides du lait maternel, avec une absence presque complète d’acides gras à moins de 10 atomes de carbone.

Le lait maternel est particulièrement riche en acides gras essentiels (acide linoléique et α-linolénique) et leur conversion en acide gras polyinsaturé à longue chaîne, en particulier l’acide arachidonique et l’acide docosahexaénoïque (DHA) sont indispensables à la construction du tissu cérébral, aux fonctions cérébrales et rétiniennes et à l’intégrité des membranes cellulaires. On retrouve dans le lait maternel plus de 200 acides gras différents !

La teneur en lipides est peu dépendante sur le plan quantitatif de l’alimentation de la mère. Sur le plan qualitatif, par contre, le profil en acides gras polyinsaturés (rapport oméga 3/ oméga 6) est influencé par l’alimentation maternelle. Il est donc intéressant de varier les types d’huiles consommées et de consommer des poissons gras ou des produits contenant ces « bonnes graisses ».

Le lait maternel est plus riche en cholestérol (20 à 30 mg/100 mL) que le lait de vache (5 à 10 mg/100 mL). Le cholestérol joue un rôle important dans la structure des membranes cellulaire,  dans le développement cérébral et pour la croissance (réplication des cellules).

Cet apport élevé de cholestérol en période néonatale expliquerait l’effet bénéfique de l’allaitement pour la réduction du risque d’hypercholestérolémie à l’âge adulte. En effet, ce taux élevé de cholestérol réprimerait l’HMG-coA réductase (enzyme clé de la synthèse de cholestérol) ce qui influencerait sur le long terme le métabolisme du cholestérol.

 

Les glucides

Le lait maternel contient environ 75 g/L, dont 63 g de lactose et 12 g d’oligosaccharides, alors que le lait de vache ne comporte que du lactose.

Le lactose (qui contient du  galactose et du glucose) est le deuxième composé du lait humain mature après l’eau, il fournit 40% de l’énergie au bébé.

Il favorise l’absorption du calcium, ce qui compense un taux relativement bas de calcium dans le lait humain par rapport au lait de vache. Le calcium étant indispensable pour la croissance osseuse (il prévient le rachitisme).

Le galactose, issue de la digestion du lactose est indispensable au développement du système nerveux central.

Le glucose, issue de la digestion du lactose assure une source d’énergie constante aux bébés. Ils jouent aussi un rôle important dans la trophicité de la muqueuse colique, par l’intermédiaire des acides gras à courte chaîne.

La présence de nombreux oligosaccharides constituent une autre originalité majeure du lait maternel. On en connaît au moins 80.

Les oligosaccharides  sont considérés comme « les fibres naturelles du lait maternel » elles sont responsables de l’aspect spécifique des selles de l’enfant allaité.

Leurs rôles sont diverses :

  • Effet pré-biotique pour le microbiote intestinale (favorise l’implantation d’une flore bénéfique avec prédominance de lactobacillus, stimulant elle-même la maturation du système immunitaire).
  • Apport énergétique (métabolisées par cette flore en acides gras à chaînes courtes réabsorbés par le côlon).
  • Protection anti-infectieuse (se comporte comme des « leurres » pour certaines bactéries pathogènes du tube digestif, elles en empêchent la pénétration intestinale et permet l’évacuation par les selles).

La flore intestinale des bébés allaités et non allaités est ainsi très différente. Chez le bébé allaité on retrouve majoritairement  des  bifidobactéries,  en particulier Bifidobacterium bifidum.  Ces bactéries agissent notamment dans la protection vis-à-vis des infections.

Les minéraux

On constate une moindre teneur en sels minéraux (2,5 g/L), 3,5 fois moins que le lait de vache.

Ceci, associé à la teneur relativement faible en azote, permet de limiter le travail des reins. Il en résulte une moindre déperdition hydrique par le rein immature,  qui ne peut véritablement concentrer les urines pendant les 2–3 premiers mois de vie.

Le faible de taux de certains oligoéléments comme le fer et le zinc est compensé en raison de la présence de composés dans le lait maternel  qui facilitent leur absorption.

Vitamines

On retrouve dans le lait maternel toutes les vitamines hydrosolubles et liposolubles indispensables au bon développement des bébés.

Vitamines Hydrosolubles

On retrouve dans le lait maternel les vitamines B1, B2, B6, B12, PP, B8, et C. Il est important que les mères sachent que le taux des vitamines du groupe B dépend de leur alimentation.

La vitamine C, stockée dans l’épithélium mammaire, passe dans le lait en quantité variable selon les personnes, ce taux diminue notamment avec la consommation de tabac, une raison supplémentaire pour cesser ou réduire sa consommation de tabac !

Liposolubles Vit ADEK

Le taux de vitamine K du lait maternel ne suffit pas à couvrir les besoins du nourrisson à risque d’hémorragie (rare). Pour éviter le risque hémorragique, en France, on supplémente donc tous les nourrissons pendant toute la durée de l’allaitement exclusif au sein.

La vitamine D a une très faible teneur dans le lait maternel, mais on la retrouve en concentration plus élevée sous forme de sulfate de vitamine D, ce qui permet au LM de prévenir le rachitisme.

Cependant une supplémentation est recommandée, d’autant plus que le taux de vitamine D peut varier selon les apports alimentaires de la mère et son exposition au soleil. Notre mode de vie occidental ne correspond plus au mode de vie primitif des chasseurs cueilleur beaucoup plus exposés au soleil.

Le lait maternel est très riche en vitamine E, dont le pouvoir antioxydant protège les globules rouges contre l’hémolyse.

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