Le microbiote intestinal de nos bébés

Aujourd’hui, le nombre d’études sur le microbiote intestinal explose. Les découvertes sont parfois étonnantes et montrent à quel point il est fondamental pour notre santé d’avoir un microbiote équilibré.

« Le microbiote intestinal humain, anciennement appelé flore intestinale humaine, est l’ensemble des micro-organismes (archées, bactéries, fungi et aussi virus) qui se trouvent dans le tractus digestif humain.» (Définition Wikipédia)

Notre intestin à lui seul renferme plus de micro-organisme que notre corps possède de cellules, soit environ 2kg de matière !

A ce jour, on peut distinguer plus de 400 espèces différentes !

Ces micro-organismes sont indispensables à notre bonne santé. Quand ils sont en diversité et en proportions idéales, ces micro-organismes sont nos « amis ». Nous vivons en véritable symbiose avec notre microbiote.

Notre microbiote intestinal a un rôle dans les fonctions digestives, métaboliques, immunitaires et même neurologiques !

Quand notre microbiote est déséquilibré, on parle alors de dysbiose et cela peut avoir des conséquences néfastes sur notre santé.

On pense bien sûr à des pathologies digestives comme des diarrhées, constipation, maux de ventre… Mais les conséquences vont bien au-delà car il se pourrait que la dysbiose puisse avoir un rôle dans le diabète de type 2, l’obésité, les maladies cardio-vasculaires, le développement d’allergie, l’autisme, les maladies neurodégénératives…

Pendant la grossesse, les bébés sont protégés des bactéries par la « poche des eaux » et le placenta dans un univers stérile. Lors de l’accouchement, bébé va faire une première rencontre avec les bactéries du vagin. C’est un très bon début de colonisation saine du tube digestif par des micro-organismes.

En revanche, lors d’une césarienne, bébé va rencontrer en premier les micro-organismes présents dans le bloc opératoire.

Ainsi, il existe une grosse différence de microbiote chez les bébés nés par voie basse et par césarienne.

Bien sûr, quand une césarienne a lieu, c’est pour des raisons médicales. Il n’est donc pas question de refuser une césarienne pour ce motif. En revanche, dans certaine maternité,  on propose aux mamans d’introduire une compresse stérile dans leur vagin afin de la mettre en contact avec le visage du bébé dès que possible. C’est une pratique simple et sans danger que vous pouvez inclure dans votre « projet de naissance » en cas de césarienne.

Fort heureusement, le mode d’accouchement ne conditionne pas définitivement l’implantation de la flore intestinale. L’alimentation qui va suivre à bien évidement un rôle majeur !

On constate une très grosse différence de microbiote entre les enfants allaités au lait maternel et ceux allaités au lait artificiel. Par exemple, ceux allaités ont beaucoup de bifidobactérie parmi leur microbiote.

Si l’on compare les bénéfices attribués au lait maternel et ceux attribués à un microbiote sain, on constate qu’il y en a beaucoup en commun ! Et si une partie des bénéfices du lait maternel étaient dû au fait qu’ils permettent l’installation d’un microbiote sain dans l’intestin ? La recherche à venir nous en apprendra certainement beaucoup à ce sujet !

Si votre bébé est né par césarienne, l’allaitement peut être un excellent moyen de lui permettre tout de même d’installer une bonne flore dans son tube digestif.

Si vous n’aviez pas prévu d’allaiter il est possible au moins de prévoir une tétée d’accueil juste après la naissance pour que votre bébé puisse être en contact avec la flore de votre aréole et de votre colostrum.

Il a été montré que les micro-organismes transmis par la mère viennent du lait mais aussi de l’aréole. Aussi dans l’idéale il est préférable d’allaiter directement au sein.  Cette donnée me pose d’ailleurs question sur l’utilisation des bouts de sein ?

Si l’allaitement au sein n’est pas possible, le lait maternel exprimé avec un tire-lait restera une meilleure option que l’allaitement avec du lait en poudre. En effet, le lait en poudre étant pasteurisé et lyophilisé il ne contient plus de micro-organismes vivants.

Par ailleurs, une prise d’antibiotiques trop fréquents peut déséquilibrer le microbiote. Là encore, il n’est pas question de refuser d’en prendre si la raison médicale l’impose mais il est important de ne jamais faire d’automédication avec des antibiotiques. On peut associer la prise d’antibiotique à une prise de pré ou pro biotiques après le traitement. N’hésitez pas à en parler avec votre médecin si une prescription d’antibiotique s’avère nécessaire.

Si vous allaitez, éviter de sevrer pendant ou juste après un traitement antibiotique chez votre bébé. Laissez-lui le temps de rééquilibrer sa flore avec les « bonnes bactéries » de votre lait.

Pendant toute la petite enfance le microbiote évolue. Il faut environ 3 ans pour qu’une flore adapté soit bien implanté chez un enfant. Cela va dans le sens des recommandations de l’OMS et du PNNS qui recommandent un allaitement jusqu’à 2 ans et plus.

Le sevrage représente un grand changement pour le microbiote. Le microbiote va évoluer et laisser la place à de nouveaux micro-organismes capables d’être de « nouveaux assistants de digestion ». Selon l’alimentation, il y aura donc un microbiote adapté. Ainsi on retrouve des différences de microbiote selon les populations et selon les régimes alimentaires. Au moment de la diversification, le type d’aliments donnés va permettre une adaptation du microbiote de votre bébé.

Le nombre de publication scientifique ne cesse d’augmenter. C’est donc tout un champ de la médecine qui s’ouvre à nous.

Si vous souhaitez en savoir plus sur le sujet je vous recommande le livre de Giulia Enders « Le charme discret de l’intestin – Tout sur un organe mal aimé ». Il est très accessible même sans connaissances médicales et le ton léger et plein d’humour en fait un ouvrage très plaisant à lire.

Le livre commence d’ailleurs ainsi :

« Je suis née par césarienne et je n’ai pas été allaitée. Cela fait de moi un cas d’école représentatif de la planète intestinale du 21ème siècle. A l’époque, si j’en avais su davantage sur l’intestin j’aurai pu lancer des paris sur les maladies que j’allais avoir »

 

Photo from Pexels by Pixabay 

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