Allaiter réduit les risques de cancer

Tire-lait express soutient la lutte contre le cancer

 

Le 4 février est la journée mondiale de lutte contre le cancer.

Un moment fort pour tous les acteurs qui luttent contre cette maladie aux multiples facettes et aux causes diverses.

La Minute Maternelle s’associe à cette journée pour aborder un thème souvent méconnu…

Savez-vous que l’allaitement fait partie des facteurs préventif contre les cancers ?

Moins de cancers chez les femmes qui allaitent

Les mécanismes expliquant les raisons de la diminution du risque de cancers féminins chez les femmes qui ont allaité ne sont pas encore totalement bien compris, toutefois, de nombreuses études mettent en évidence le « non allaitement » comme un facteur de risque.

Pour cette raison, et grâce à cette connaissance scientifique, les politiques de santé publique devraient largement promouvoir l’allaitement maternel.  Dans cette logique, sachez que l’allaitement au travail est un droit. L’allaitement au travail est prévu par l’article L1225-30 du code du travail: « Pendant une année à compter du jour de la naissance, la salariée allaitant son enfant dispose à cet effet d’une heure par jour durant les heures de travail. »

Dans cette logique, de nombreuses sociétés ont repensé les tire-lait pour permettre aux mamans allaitantes de gagner en mobilité. Les tire-lait nomades voient de plus en plus le jour permettant aux femmes d’allaiter plus longtemps, et notamment après la reprise du travail.

Allaiter est donc conseillé, non seulement pour les qualités nutritives pour votre bébé; mais donc également pour les bienfaits que cela engendre pour la maman elle-même, à commencer par la diminution du risque de cancer du sein.

Diminution des risques du cancer du sein

En effet, une méta analyse de 2002 basée sur 47 études réalisées dans 30 pays a conclu que pour chaque année d’allaitement le risque d’être atteint d’un cancer du sein diminue de 4.3%.

Une méta analyse plus récente de 2015 (1) va également dans le même sens et suggère que l’allaitement, en particulier une durée d’allaitement plus longue, est inversement associé au risque de cancer du sein.

Diminution des risques du cancer de l’endomètre

Une autre méta analyse (2) a mis en évidence un risque de cancer de l’endomètre 1.17 fois plus élevé chez les femmes n’ayant pas allaité. Le cancer de l’endomètre est le cancer gynécologique pelvien le plus fréquent en France, se situant au 5e rang des cancers chez la femme. Le risque de contracter ce cancer serait ainsi diminué de 2% pour chaque mois d’allaitement supplémentaire ! Autrement dit, plus l’allaitement dure, plus le risque diminue.

D’autres auteurs (3) ont trouvé que l’allaitement maternel été associé à une réduction de 11% du risque de cancer de l’endomètre.

Cancer de l'endomètre et allaiter

Diminution des risques du cancer des ovaires

Concernant le cancer des ovaires(4) là encore, l’allaitement diminue les risques : les femmes ayant déjà allaité ont une réduction de 22% du risque de cancer de l’ovaire par rapport à celles qui n’ont jamais allaité. On constate de surcroît que ce risque diminue encore au fur et à mesure que les durées d’allaitement augmentent.

Ainsi, ce constat est commun a beaucoup d’études s’intéressant au lien entre allaitement et cancers. Plus une femme allaite longtemps, plus les risques de cancer diminuent. A noter que les durées d’allaitement s’additionnent pour les femmes ayant eu plusieurs enfants.

Cancer des ovaires et allaiter

Moins de cancers chez les enfants allaités

Nous savons aujourd’hui que l’alimentation joue un rôle important dans le développement des cancers. Il est donc absolument normal que le premier aliment -le lait- reçu par une personne influence sa santé… Cet effet sera d’autant plus important si cet aliment est le seul ingéré pendant plusieurs mois !

Là encore, une raison de plus pour faire en sorte que les bébés reçoivent le plus possible de lait maternel, y compris dans les situations compliquées. Sachez qu’en cas de difficultés, il est possible de tirer son lait, de le transporter et même de le congeler afin que vous puissiez prolonger l’allaitement et en faire bénéficier votre bébé. Il est même possible d’en faire profiter d’autres bébés en faisant des dons auprès de lactariums.

Sur quelles pathologies voit on une diminution des risques ?

Diminution du risque de leucémie

On peut tout d’abord parler du risque de leucémie; En effet, suite à des études, certains chercheurs ont mis en évidence un risque plus élevé (+27%) de leucémie aiguë chez les enfants non-allaités. D’autres chercheurs trouvent des chiffres plus nuancés, avec une diminution du risque de 14% pour les enfants allaités tout type de leucémie confondu.(6)

Diminution du risque de neuroblastomes

Pour les neuroblastomes (tumeur très agressive spécifique aux enfants), même constat; le risque serait de 40% à 50 % moindre chez les enfants allaités (7) !

Diminution des risques de cancers combinés

Dans certaines études présentant des résultats pour plusieurs cancers combinés, les enfants non allaités couraient un risque plus élevé d’au moins 75% de développer un cancer infantile.(8)

Diminution des risques du cancer du sein à l’âge adulte

L’allaitement diminue les risques du cancer du sein pour la mère mais aussi pour le bébé : avoir était allaité diminuerait de plus de 25% le risque de développer un cancer du sein à l’âge adulte.(9)

Le lait maternel : des propriétés anticancéreuses !

Les composants du lait maternel sont étonnants !  Il s’agit d’un liquide « vivant » qui possède des caractéristiques inégalées et intéressantes pour la prévention du cancer et pour la recherche contre le cancer.

Le lait maternel est plus qu’un aliment, sa composition unique en fait un liquide précieux ! N’en perdez pas une goutte, conservez-le précieusement pour que votre bébé en bénéficie le plus possible.

Lait maternel versus Cancer

Nous voulions également vous parler de la molécule HAMLET. En effet, des chercheurs suédois ont découvert « HAMLET » (acronyme pour « Human a-Lactalbumin Made Lethal to Tumor cells » ). HAMLET est une protéine dénaturée, c’est-à-dire une association de protéines avec des acides gras, ayant la capacité de tuer les cellules cancéreuses et de préserver les cellules saines.

Ainsi, le lait maternel serait également capable de protéger les gènes grâce à sa teneur en antioxydants qui limiterait les dommages sur l’ADN dues à l’oxydation.

Les dernières recherches s’intéressent à la façon dont le lait maternel serait capable d’agir sur nos gènes grâce aux mécanismes de l’épigénétique. Les facteurs génétiques entrent en ligne de compte pour certains cancers… il s’agit donc là d’une piste de recherche prometteuse pour l’avenir de la recherche contre le cancer.

Bien sûr, si l’allaitement est un des facteurs préventifs contre le cancer, il est important d’avoir conscience que ce qui ressort de façon statistique lors d’études sur une large population, ne peut s’avérer être une vérité à l’échelle individuelle. Aussi, même si vous avez allaité très longtemps vos enfants, ou si vous-même avez été allaitée, les différents dépistages recommandés et un suivi médical régulier restent justifiés et indispensables.

 

Références :

(1) Zhou Y1, Chen J, Li Q, Huang W, Lan H, Jiang H. Association between breastfeeding and breast cancer risk: evidence from a meta-analysis.

(2)- Wang L, Li J, Shi Z. Association between Breastfeeding and Endometrial Cancer Risk: Evidence from a Systematic Review and Meta-Analysis. Nutrients. 2015;7(7):5697–5711. Published 2015 Jul 14. doi:10.3390/nu7075248

(3)-Jordan SJ, Na R, Johnatty SE, et al. Breastfeeding and Endometrial Cancer Risk: An Analysis From the Epidemiology of Endometrial Cancer Consortium. Obstet Gynecol. 2017;129(6):1059–1067. doi:10.1097/AOG.0000000000002057

(4) Jordan SJ, Cushing-Haugen KL, Wicklund KG, Doherty JA, Rossing MA. Breast-feeding and risk of epithelial ovarian cancer. Cancer Causes Control. 2012;23(6):919–927. doi:10.1007/s10552-012-9963-4

(5) V. Beral, N.T. Fear, F. Alexander et P. Appleby (2001) “breastfeeding and childhood cancer”, british journal of cancer, 85(11): 1685-1694

(6) Micheline Beaudry; Sylvie Chiasson; Julie Lauzière (2011) « Biologie de l’allaitement » Presses de l’université du Québec p327- Leucémies

(7) J.L. Daniels, A.F. Olshan, B.H.Pollock, N.R. Shah et D.O. Stram (2002). “breast-feeding and neuroblastoma, USA and Canada”, cancer causes control, 37(2)

(8) M.K Davis (2001) “Breastfeeding and chronic Disease in childhood and adolescence”, Pediatr Clin North Am, 48(1): 125-141, ix.

(9) J.L Freudenheim, J.R. Marshall, S.Graham, R. Laughlin, J.E. Vena, E. Bandera et al. (1994). “Exposure to breastmilk in infancy and the risk of breast Cancer” Epidemiology, 5(3):324-31

(10) Hallgren O, Aits S, Brest P, Gustafsson L, Mossberg AK, Wullt B, Svanborg C. “Apoptosis and tumor cell death in response to HAMLET (human alpha-lactalbumin made lethal to tumor cells)”. Adv Exp Med Biol. 2008; 606:217-40.

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