Le lait maternel, un atout santé

L'allaitement, un atout santé

Si les instances internationales et françaises s’accordent à recommander un allaitement exclusif de 6 mois, c’est parce que les études scientifiques qui ont comparé le développement et la santé des bébés allaités et non allaités montrent un réel bénéfice en faveur de l’allaitement maternel.

Sur les affections suivantes, il y a un fort consensus car le niveau de preuve est très important : de nombreuses études concordent et des méta-analyses renforcent les résultats.

  • Les infections gastro-intestinales, les diarrhées

3.63 fois plus de risque de diarrhée à 2 mois chez les enfants nourris au lait industriel avec des épisodes plus longs que chez les bébés allaités (3).

  • Les otites et infections ORL

Le risque d’otite est 2 fois plus important chez les enfants non allaités (à noter que la prévention des otites est liée à la fois à la composition du lait maternel et à la fois à la position du mamelon en bouche qui permet une meilleure ouverture de la trompe d’eustache).

  • Les atteintes respiratoires, par exemple les bronchiolites

Il y a 3 fois plus de risque d’hospitalisation pour une pathologie respiratoire sévère par rapport à un allaitement exclusif de 4 mois et plus (4).

  • Les entérocolites ulcéro nécrosantes

Pathologie gravissime chez les bébés prématurés, on observe une prévalence nettement plus faible de cette pathologie chez les bébés prématurés qui reçoivent du lait humain.

  • La mort subite du nourrisson

3 à 5 fois plus de risque de mort subite du nourrisson chez les bébés de moins de 8 semaines en cas de non-allaitement (5).

  • Les malocclusions dentaires

Les enfants allaités au sein ont moins de problèmes de malocclusion dentaires car la succion au sein favorise un bon développement de la face et de la mâchoire.

 

Il est intéressant de noter que les affections gastro-intestinales, ORL et respiratoires sont des affections très fréquentes chez les bébés et qui font l’objet de nombreuses consultations de la part des parents. Elle nécessite des traitements médicamenteux et parfois même une hospitalisation.

L’effet « protecteur » n’est cependant pas infaillible et les enfants allaités peuvent bien sûr être atteints de ces pathologies. Néanmoins ils sont généralement moins gravement atteints et se rétablissent en moyenne plus vite.

L’allaitement maternel a également un impact sur les pathologies suivantes bien que dans ces domaines, des études complémentaires méritent d’être faites pour renforcer les résultats de celles déjà réalisées ou dans certains cas éviter des biais et mieux isoler les variables.

  • L’asthme
  • Les rhinites allergiques
  • Le surpoids et l’obésité
  • Le diabète de type 2
  • Le cancer
  • L’Hypercholestérolémie, troubles du métabolisme
  • Hyper-tension
  • Polyarthrite
  • Sclérose en plaque
  • Maladie de chron, maladie cœliaque

 

Un effet « dose/dépendant »

Il est intéressant de savoir que l’effet bénéfique est très souvent « dose/dépendant ».

Une étude américaine (2) ainsi que d’autres études distinguent les durées d’allaitement exclusif par période, ont mis en évidence que plus les bébés avaient reçu de lait maternel et plus l’effet bénéfique était important. Cette étude américaine concluait que les bénéfices sont en proportion directe avec la dose de lait reçu par l’enfant.

 

« Allaiter, c'est bon pour la santé » Poche – 6 octobre 2003 Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau
(1)Victora CG et al. Breastfeeding in the 21st century:epidemiology, mechanisms, and longlife effect. Lancet 2016;387:475-90
(2)  Sariati P.-D., Grummer-Strawn L.-M., Fein S.-B., A longitudinal analysis of infant morbidity and the extent of brast-feeding in the US, pediatrics 1997, n°99(6):e5
(3)LOPEZ-Alarcon M. et al, breastfeeding lowers the frequency and duration of acute respiratory infection and diarrhea in infants under six month of, DF nutr 1997, n° 123 (3), p.436-43
(4) Bachrach VRG, Schwarz E, Bachrach LR. Breastfeeding and the Risk of Hospitalization for Respiratory Disease in InfancyA Meta-analysis. Arch Pediatr Adolesc Med. 2003;157(3):237–243. doi:10.1001/archpedi.157.3.237
(5)Bernt Alm, Archives of Disease in childhood,2002; n°86,p.400-402
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