La diversification d’un bébé allaité

Diversification alimentaire d’un bébé allaité

Quand débuter la diversification ?

L’OMS et le « plan national nutrition santé » (PNNS) français recommandent un allaitement exclusif  de 6 mois.

En effet, le lait maternel couvre tous les besoins d’un enfant à terme et en bonne santé.  Un enfant exclusivement allaité n’a donc pas besoin de recevoir de solides avant 6 mois révolus. Cependant cette recommandation se fonde sur des données épidémiologiques  à l’échelle d’une population. Mais votre bébé est unique ! Il manifestera peut être son envie de manger solide bien après 6 mois. Cela ne doit pas vous inquiéter s’il est né à terme, en bonne santé et qu’il tète à volonté. En effet, certains bébés tètent encore exclusivement jusqu’à 9 mois.

A l’inverse, d’autres bébés commencent la diversification avant 6 mois. A partir de 4 mois révolus, il est envisageable d’introduire certains solides.Pour cela, il est nécessaire de s’assurer que bébé est prêt et tenir compte de sa maturité intestinale.

L’industrie agroalimentaire profite d’ailleurs largement de cette « possibilité » en proposant une large gamme de petits pots avec la mention « dès 4 mois ». Pour autant, si l’allaitement se passe bien et que l’enfant ne montre pas clairement de signes d’intérêt pour les aliments solides, la diversification précoce n’a pas d’intérêt nutritionnel démontré.

Quelles quantités donner à mon bébé ?

Le processus de diversification est plus ou moins rapide selon les enfants. En effet, certains bébés mangent facilement des quantités significatives, d’autres au contraire ne mangent que quelques bouchées de solides par jour. Dans la mesure où l’allaitement se poursuit à la demande, et que la prise de poids de bébé est harmonieuse, il n’y a pas d’inconvénient à cela. Chacun son rythme… le début de la diversification est surtout une découverte gustative, tactile et sociale qui doit rester un plaisir.

Même si la diversification commence en général vers 6 mois, le lait maternel reste l’aliment principal d’un bébé allaité. Il couvre 80% de ses besoins la première année , et la moitié ou plus la deuxième année.

Donc pas stress sur les quantités de solide que bébé mange ! Tant que bébé reçoit autant de lait maternel qu’il le demande : suivez son rythme et vivez les repas comme des moments de partage en famille. Avec le temps, les quantités de solides vont naturellement augmenter. Par ailleurs, chaque enfant à une capacité d’absorption et une maturité intestinale qui lui est propre : votre bébé est le seul à savoir les quantités dont il a réellement besoin.

Quels sont les besoins de mon bébé ?

Les bébés mangent de très petites quantités de solides, donc autant privilégier les aliments contenant les nutriments dont ils ont réellement besoin. Faisons le point.

Les protéines

C’est le fer et le zinc qui peuvent progressivement être insuffisants dans le lait maternel pour couvrir les besoins nutritionnels des bébés. Il est donc logique de proposer dès le début de la diversification des aliments qui en contiennent. Les aliments les plus riches en fer sont les abats, la viande rouge, le boudin noir, la volaille et les produits de la mer. Parmi les aliments riches en zinc, on retrouve le foie de veau/bœuf/porc, viande de bœuf d’agneau ou de porc, certains produits de la mer…

Les besoins en protéines d’un bébé de 6 mois se situent autour de 10gr/jour, autour de 20gr/ jour pour un enfant d’un an et d’environ 30gr/ jour à 2 ans. Il s’agit donc là de toutes petites quantités, compatibles avec son appétit.  Les protéines représentent seulement 10% de l’apport énergétique total chez l’enfant de moins de 3 ans.

Dès le début de la diversification, vous pouvez donc lui proposer l’équivalent d’une à deux cuillères à café de viande de poisson ou d’œuf.

Les lipides

Les lipides sont essentiels à la construction du cerveau, du  cœur et de la rétine et l’ensemble des cellules du corps.  Ils sont également indispensables aux dépenses énergétiques et au transport des vitamines liposolubles (Vitamines A,D,E,K). Proportionnellement à son poids, un bébé a besoin de 3 fois plus d’apport en gras qu’un adulte !

Les apports en matières grasses doivent correspondre à environ 2 à 4cc par jour. Depuis 2010, l’Afssa a d’ailleurs réévalué la proportion que doivent occuper les lipides dans l’Apport Energétique Total quotidien. Elle s’établit à 45 à 50% pour un enfant de moins de trois ans.

Les acides gras polyinsaturés à longue chaîne sont à privilégier. Les acides gras essentiels omégas -3 et oméga 6 ne sont pas fabriqués par l’organisme, ils doivent donc être apportés par l’alimentation. Toutes les matières grasses n’ont pas la même composition et certaines graisses sont donc plus intéressantes en termes d’acides gras essentiels.

Vous pouvez donc choisir des aliments qui en contiennent naturellement. C’est le cas des poissons gras et des œufs. Vous pouvez également ajouter des huiles de bonne qualité dans vos préparations (pensez à varier les huiles).

Les glucides

Les glucides sont eux aussi indispensables à la construction du cerveau. Le lait maternel contient des glucides. Certains aliments comme les fruits ou les féculents en contiennent également. Il n’y  a pas besoin d’ajouter du sucre dans les repas solide de votre bébé. Les glucides représentent 40 à 50% de l’apport énergétique total chez un enfant de moins de 3 ans !

Les glucides sont importants pour couvrir les dépenses énergétiques de votre bébé. Dès lors qu’il commence à se déplacer (ramper, marcher à 4 pattes), vous pouvez introduire des féculents. En général, cela arrive entre 7 et 9 mois, et c’est aussi la période où le pancréas devient capable de sécréter l’amylase (enzyme responsable de la digestion de l’amidon).

Les légumineuses peuvent être apparentées aux féculents. Mais elles se digèrent moins facilement à cause de leur peau, il est donc préférable d’attendre 1 an ou d’enlever préalablement la peau.

Et le risque allergique ?

Au niveau européen, selon les recommandations de l’ESPGHAN, il n’est plus conseillé de retarder l’introduction des aliments les plus allergéniques (céleri, poisson, œuf…) y compris dans les familles à risque.  Il semblerait au contraire qu’il y ait une « fenêtre de tolérance » entre 4 et 6 mois.

Seul le comité de nutrition de la Société Française de Pédiatrie recommande encore pour les bébés à risque (allergies alimentaires avérées dans la famille) une diversification après l’âge de 6 mois et une introduction retardée par précaution, après 1 an, des aliments à fort risque allergique (kiwi, céleri, arachide, fruits à coque, crustacés).

Pour le gluten, la « fenêtre de tolérance » semble aussi se situer entre 4 et 7 mois. Une mise en contact pendant la période d’allaitement exclusif peut donc limiter le risque d’intolérance. La mise en contact avec la bouche n’est pas synonyme de « manger » ou « se nourrir ». Mâchouiller un bout de pain sec ou un boudoir non sucré est suffisant, les enzymes salivaires se chargeront en grande partie de la digestion, sans solliciter réellement l’intestin encore immature.

L’introduction de nouveaux aliments, un à un ne prévient pas le risque d’allergie. En revanche, cette organisation facilite le repérage de l’aliment incriminé en cas de réaction allergique.

Mixé ou en morceau ?

Le passage par une alimentation mixée n’est pas une obligation. Si l’enfant est prêt, et en respectant quelques règles de sécurité, il est possible de lui présenter des aliments non mixés, cuits ou cru en fonction de la consistance. Cette façon simple de diversifier un bébé s’appelle DME (diversification menée par l’enfant) ou diversification libre et autonome. Elle est souvent appréciée des bébés allaités,. Ils sont en effet habitués depuis la naissance à autoréguler leur appétit, et à s’alimenter de façon autonome au sein.

N’hésitez pas à vous rapprocher d’associations de parents ou à vous documenter. Il existe plusieurs ouvrages sur ce thème : « La Diversification Menée Par L’enfant – Les Aliments Solides À Partir De Six Mois : Autonomie Et Conscience Selon La Méthode Kleintjes »  de  Stefan Kleintjes est un des best-seller mais mon coup de cœur est pour celui d’Evelyne Evin  « La diversification menée par l’enfant en pratique ! » , plus ludique et très bien illustré.

Et l’assaisonnement ?

Les bébés ont les reins immatures, il est donc déconseillé d’ajouter du sel dans leurs repas. Si bébé mange le plat familial, n’ajoutez pas de sel et laissez les adultes saler dans leur assiette.  Evitez les plats préparés pour adulte et notamment la charcuterie, trop riche en sel.

En revanche, vous pouvez donner du goût à vos plats avec des herbes aromatiques, de l’ail, des épices… N’oubliez pas que bébé connait déjà ces goûts à travers le liquide amniotique et le lait maternel !

Concernant le sucre, il est inutile d’en ajouter. Les sucres contenus dans le lait et présents naturellement dans les aliments solides sont suffisants. Les bébés ont une attirance naturelle pour le goût sucré. Il n’est pas souhaitable d’accentuer cette préférence gustative dans notre société industrialisée qui propose une alimentation industrielle sur-dosée en sucres rapides (en partie responsable de l’augmentation des cas de diabète et d’obésité).

Que donner à boire à mon bébé ?

Le lait maternel (ou lait deuxième âge) reste LA boisson de base, source d’une majorité d’apport nutritionnel. Les « laits »/ jus  végétaux, tel que le lait de riz ou lait d’amande ne peuvent pas remplacer le lait maternel (ou les laits issus de mammifères). Si vous en consommez vous-même vous pouvez cependant lui faire goûter ou cuisiner avec.

A partir du moment où bébé commence à manger des solides, vous pouvez commencer à lui proposer de l’eau.

Pour les raisons déjà expliquées, évitez les jus de fruit et toutes autres boissons sucrées.

En pratique :

  • Je continue l’allaitement à la demande
  • J’attends que mon  bébé soit prêt pour commencer
  • Je  peux le « mettre en contact » avec le gluten entre 4 et 7 mois
  • Je choisis des aliments variés
  • J’apporte des protéines chaque jour (environ 10gr/jours au début de la diversification) en privilégiant ceux riches en fer et en zinc
  • J’ajoute des matières grasses à chaque repas (2 à 4 cc par jours) en privilégiant ceux qui contiennent des acides gras essentiels.
  • Je propose de l’eau à chaque repas
  • Je propose…bébé dispose pour  les quantités
  • Je n’ajoute ni sel ni sucre

 

La page 30 du carnet de santé de votre bébé propose un tableau repère pour l’introduction des aliments. Le site pedia.doc de la Faculté de médecine de Toulouse  propose aussi un listing par aliment intéressant.

 

Bon appétit !

 

 

*nb : les régimes végétaliens stricts sont incompatibles avec le bon développement d’un bébé. Les protéines d’origines animales sont indispensables (acide arachidonique, vit B12…). La compensation d’apport en fer avec des produits végétaux n’est possible qu’en mangeant des grandes quantités ce qui est incompatible avec un bébé en début de diversification d’autant que les légumineuses ne peuvent pas être introduites précocement.

 

https://www.lllfrance.org/vous-informer/votre-allaitement/l-allaitement-au-fil-du-temps/1250-diversification-alimentaire

https://www.diversificationalimentaire.com/

http://bougribouillons.fr/dme-diversification-menee-par-lenfant/

http://pediadoc.fr/categorie/7/5/alimentation-4-mois

 

 

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