Confinement, quel impact sur l’allaitement ?

Le confinement dû à la pandémie du coronavirus est sans précédent, difficile de savoir avec certitude quels en seront les effets sur les bébés allaités et leurs familles.

Indéniablement l’allaitement d’un nouveau-né prend du temps. Il demande une période d’adaptions et de découverte mutuelle. La période du post partum est décrite comme une période à part que certains auteurs appellent même le quatrième trimestre de grossesse tant il s’agit d’une période spéciale.

Le confinement « facilitateur » d’allaitement…

De ce point de vue, le fait de se retrouver sans visites et de réduire au minimum les interactions sociales peut être un atout pour préserver cette période de continuum maman-bébé, notamment l’allaitement, sans trop de perturbations extérieures.

Le confinement permet  aux adultes  de retrouver des rythmes, en partie plus naturels et personnels. Habituellement nous sommes dans un temps contraint par les horaires de l’école, du travail, des visites…  Le confinement a complètement mis en pause ces contraintes.

Sans contraintes horaires, il est possible de dormir quand on sent le sommeil, de manger quand on a faim, d’adapter les activités à la météo… La vie peut se faire sur les rythmes biologiques de chacun.

Les nouveaux nés eux, vivent entièrement sur leur temps naturel, sans aucune influence extérieure. En temps de confinement, il est plus facile pour les adultes de s’adapter au rythme de leur bébé.

Chaque famille peut réellement adapter son rythme de vie à ses besoins. En quelque sorte, le confinement peut avoir un effet libérateur vis-à-vis des contraintes sociales. Plus besoin de s’excuser  d’être encore en pyjama à 14h… phénomène fréquent quand on vient d’accoucher et qu’on s’occupe d’un ou plusieurs enfants…

L’allaitement, souhaitable en période de confinement…

Côté pratique l’allaitement, quand il se passe bien, ne nécessite pas l’achat de matériel particulier. C’est autant de contraintes en moins. Pas besoin d’aller en supermarché ou en pharmacie acheter des boites de lait, des biberons, des tétines alors que le but du confinement est de limiter les sorties.  Cela peut représenter des économies substantielles non négligeables, alors que les revenus de certaines familles sont fortement affectés.  L’allaitement en situation de crise est souvent un atout.

Par ailleurs dans le cadre d’une crise sanitaire, l’allaitement est un véritable bonus santé. Les recherches sont en cours concernant le passage des anticorps contre le covid-19 dans le lait maternel. Il ne serait pas surprenant que, comme pour beaucoup de virus, les anticorps du covid-19 passent dans le lait maternel.

Le confinement, situation de stress et d’isolement nocive pour l’allaitement…

Je suis pour autant loin d’être certaine que ce bénéfice profite à toutes les mères. En effet, s’arrêter à ce constat positif serait réducteurs : cela présuppose que la mère et le bébé sont en bonne santé et surtout ce serait croire que les parents coupent du jour au lendemain avec leur culture, leurs croyances, leurs peurs… et se préservent totalement de ce climat anxiogène.

Il ne suffit pas d’être confiné pour oublier toutes ses craintes et toutes ces questions.

Mon bébé mange-t-il assez ?  Est-ce que j’ai assez de lait ? Est-ce que je dois faire patienter mon bébé entre les tétées ? Pourquoi pleure-t-il ?

Toutes ces peurs fréquentes chez les femmes françaises ne s’arrêtent pas en période de confinement.

Elles peuvent s’atténuer si elles étaient alimentées par des proches ou des personnes rencontrées à l’extérieur, mais elles peuvent aussi s’accentuer  en l’absence de personnes rassurantes à ses côtés….

Les proches, l’entourage,  peuvent être autant nuisibles à l’allaitement que facilitateurs…  Le confinement préserve mais peut aussi priver.

Rien de tel pour rassurer une maman allaitante que d’échanger avec d’autres mamans allaitantes que ce soit des amies, de la famille, ou des mères rencontrées dans des associations de mamans allaitantes.

A l’isolement s’ajoute un climat très anxiogène : le décompte des morts du Covid -19 et de la progression de l’épidémie peuvent être très stressant chez certaines mères. Particulièrement si des proches sont touchés par la maladie… voire si elles-mêmes sont touchées ou si elles vivent dans une zone où le virus circule activement.

Le blocage économique et la fermeture de nombreuses entreprises a engendré beaucoup de chômage partiel, voir une absence totale de revenus. L’absence de connaissances fiable et l’avenir incertain aggrave la situation. C’est une source de stress intense pour une mère allaitante.

Pour les familles nombreuses s’ajoute le stress de la scolarité des aînés. Quel sera l’impact de cette déscolarisation sur leur parcours scolaire ?

De plus, l’enseignement à distance représente une source de fatigue non négligeable pour une maman qui vient d’accoucher. Le confinement limite également la possibilité de se faire aider par l’entourage. Dans ces circonstances, difficiles de suivre son rythme biologique et celui du dernier-né.

Le stress a un effet négatif sur la production d’ocytocine.

L’ocytocine est responsable du reflex d’éjection, si ce reflex est inhibé par le stress alors le bébé peut recevoir moins de lait ou le lait peut tarder à s’écouler. La mère peut donc avoir la sensation d’avoir « moins de lait ». Il ne s’agit pas d’un vrai manque de lait, simplement d’une difficulté à « livrer » le lait, cependant, à long terme cela peut impliquer une baisse de lactation car les seins sont alors moins bien drainés lors des tétées.

Si vous ressentez du stress, de l’anxiété, essayez donc de vous en préserver au maximum, évitez par exemple les chaines d’information continue qui peuvent véritablement être nuisibles à votre allaitement.

Vous pouvez par ailleurs favoriser vous-même votre sécrétion d’ocytocine pour faciliter l’écoulement du lait.

Les difficultés d’allaitement peuvent donc être majorées par le stress et conduire certaines mères à donner des compléments, or le don répété de compléments sans raison valable peut conduire à un sevrage non désiré.

Bon à savoir pendant  le confinement…

Rappelons-le : il est recommandé de continuer l’allaitement même si vous avez contracté le virus.

A l’heure d’internet, les réseaux sociaux et les applications de vidéo conférences peuvent aider à traverser cette période. Les associations ont mis en place des réunions virtuelles, les consultantes en lactation proposent des téléconsultations, les sages-femmes continuent leurs visites à domiciles

Via les réseaux sociaux vous pouvez échanger avec d’autres mamans allaitantes. Les associations de soutien à l’allaitement sont nombreuses et proposent des sites riches en informations fiable: la leche league, Galactée,  allaitement tout un art les marraines de lait

La location de tire lait  peut se faire directement sur internet et les achats d’accessoires par internet sont toujours possible.

 

En réaction à cette crise sanitaire, et conscient de l’isolement des jeunes mamans, le CIANE (collectif interassociatif autour de la naissance) a mis en place une plateforme d’écoute téléphonique ou des bénévoles peuvent répondre à vos questions et vos inquiétudes.



	
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