Bronchiolite et allaitement, c’est grave ?

Bronchiolite et allaitement

L’hiver arrive et avec lui l’épidémie de bronchiolite…  Elle sévit dès le mois d’octobre jusqu’au printemps avec un pic épidémique généralement vers le mois de décembre.

Une bronchiolite !!! C’est grave ?

Le mot « bronchiolite » inquiète beaucoup les parents car il est souvent associé à l’hospitalisation. Mais rassurez-vous, 95% d’entres elles se soignent à la maison.

Le VRS  (Virus Respiratoire Syncytial) est impliqué dans beaucoup de rhinites et il se transmet facilement par la toux, les écoulements nasaux, les mains mal lavées, etc…. C’est un virus très courant et bénin chez les adultes ou les enfants scolarisés en bonne santé mais chez les enfants de moins de 2 ans il peut entraîner une bronchiolite. Le VRS est responsable de plus de 80% des bronchiolites !

Dans la grande majorité des cas, les enfants guérissent spontanément en 5 à 10 jours. Mais chez les plus fragiles et particulièrement chez les nourrissons de moins de 3 mois, il peut entraîner des complications.

Quelles conséquences pour mon bébé ?

« Bronchiolite » veut littéralement dire « inflammation des bronchioles ». Les bronchioles sont les plus petites ramifications des bronches qui assurent l’acheminement de l’air jusqu’aux alvéoles pulmonaires. L’inflammation des bronchioles et la production de mucus limitent donc la capacité respiratoire des tout petits.

Tout commence comme un « simple » rhume : les bébés ont le nez pris et toussent. Puis les bronches s’ encombrent , ils semblent respirer « vite », la respiration peut être sifflante. Ils sont maussades, peuvent avoir de la fièvre et être très fatigués…

Dans ces conditions l’alimentation au sein ou au biberon devient difficile et les plus atteints risquent de se déshydrater ou de perdre du poids.

Qui consulter ?

Si votre bébé présente ces symptômes, il est important de consulter au plus vite votre médecin traitant ou votre pédiatre. S’il s’agit bien d’une bronchiolite à VRS et que son état général est correct, votre enfant ne sera pas nécessairement hospitalisé (seul 5% des cas nécessitent une hospitalisation).

Il vous apprendra à nettoyer le nez de votre bébé avec du sérum physiologique, vous prescrira du paracétamol en cas de fièvre et vous orientera vers un kinésithérapeute spécialisé.  Les techniques de kinésithérapie respiratoire ont pour but d’aider votre bébé à expectorer les glaires qui encombrent ses bronches. Les kinés qui pratiquent ces soins peuvent aussi contrôler la saturation de votre bébé et surveiller l’évolution de son état général.

Le nettoyage du nez et la kinésithérapie respiratoire ont le même objectif : permettre à votre bébé de mieux respirer.

Le savez-vous ?

Il existe des réseaux de kinésithérapeutes spécialisées qui se relaient pour assurer les soins 7j/7. Renseignez-vous auprès de votre PMI, du réseau « Périnat » de votre département ou auprès de votre pédiatre.

Quel impact sur l’allaitement ?

Pour téter, un bébé doit coordonner sa succion, sa respiration et sa déglutition. S’il ne parvient pas à respirer correctement, la tétée  peut être perturbée. S’il doit « choisir » entre respirer ou manger, par réflexe de survie il va privilégier la respiration et il peut donc refuser le sein ou être moins efficace au sein.

Ce comportement peut rapidement avoir un impact sur l’hydratation, la prise de poids et sur l’état général de votre bébé (surtout s’il est très jeune).

C’est alors un cercle vicieux car votre bébé risque de s’affaiblir et d’être encore moins efficace au sein. Cette situation de difficulté d’alimentation peut justifier l’hospitalisation de certains bébés.

Si votre bébé tète moins efficacement, vos seins sont susceptibles de s’engorger et/ou de diminuer leur production de lait.

Malgré le stress et la difficulté, ce n’est vraiment pas le bon moment pour stopper l’allaitement.

Si votre enfant est malade, il a encore plus besoin de votre lait.  Il est préférable de ne pas initier un sevrage pendant un épisode infectieux car les propriétés du lait maternel sont bénéfiques au système immunitaire de votre bébé. Le lait maternel est très digeste et demande peu d’énergie pour la digestion à un organisme déjà affaibli.

De plus, si vous introduisez un lait différent du vôtre alors que votre bébé est malade, il peut ensuite être difficile de savoir si ce lait lui convient : comment savoir si les pleurs, les vomissements ou le changement de l’aspect des selles est due au «nouveau» lait ou bien à la maladie ?

Comment aider mon bébé malade à s’alimenter ?

Faites un lavage de nez au sérum physiologique avant la tétée pour faciliter la respiration pendant la tétée.

Choisissez de préférence une position où votre bébé sera à la verticale : quelle que soit la pathologie des bronches, la respiration est plus aisée à la verticale.

Multipliez les «petites» tétées. Il est recommandé pour les bébés au biberon de fractionner les repas, et de proposer de l’eau. Pour un enfant au sein cela se traduit par une plus grande fréquence de tétées. S’il est gêné au niveau respiratoire et fatigué, il aura de toute façon tendance à raccourcir la durée des tétées actives.  En lui proposant plus souvent le sein, vous l’aidez à obtenir plus de lait et vous prévenez le risque de déshydratation.

Vous pouvez également changer plusieurs fois de sein au cours de la tétée et pratiquer la «compression du sein» pour favoriser un meilleur débit de lait sans trop d’effort pour lui.

C’est assez «facile» de faire confiance à son bébé et de l’allaiter à la demande lorsque tout va bien. Mais lorsque bébé est malade et a du mal à téter, il est plus compliqué de se fier uniquement à sa «demande». Comme nous l’avons vu, il peut refuser le sein même s’il n’a pas assez mangé ou dormi. Certains parents choisiront donc de louer un pèse bébé pour vérifier quotidiennement la prise de poids ou faire des doubles pesées (avant et après la tétée).

Et s’il ne peut plus téter ?

Si l’état général de votre bébé l’empêche de s’alimenter au sein, vous pouvez provisoirement opter pour du  «tire allaitement». Équipez-vous de préférence d’un tire-lait électrique double pompage et tirez 8 à 10 fois par 24h votre lait sur les deux seins. Cela vous permettra d’entretenir votre lactation et de nourrir votre bébé avec votre lait.

Si l’état respiratoire de votre bébé ne lui permet plus de téter au sein il est fort probable que le biberon soit aussi difficile à prendre pour lui. Au biberon aussi, le bébé doit pouvoir coordonner sa succion déglutition avec la respiration. Cependant, le biberon demande moins d’effort de succion. Il est donc possible qu’un bébé trop fatigué pour téter activement au sein arrive à boire au biberon. Là encore, une position verticale l’aidera à mieux respirer. Au moindre signe d’essoufflement n’hésitez pas à faire des pauses et à fractionner le repas au biberon.

Si votre bébé est hospitalisé et nourri par sonde gastrique, informez l’équipe que vous souhaitez qu’il soit nourri avec votre lait. Généralement les services de pédiatrie disposent d’un protocole pour assurer la traçabilité et le stockage du lait que vous leur fournirez. De votre côté, soyez particulièrement vigilantes sur les règles d’hygiène lorsque vous tirez votre lait et pour le nettoyage de vos téterelles : le milieu hospitalier est un milieu à risque pour les infections nosocomiales.

Une fois rétabli, votre bébé sera ravi de retrouver le plaisir de téter au sein !

Ne donnez jamais un traitement médicamenteux sans avis médical ! Le VRS est un virus : les antibiotiques n’ont pas d’effet sur les virus, ils sont indiqués qu’en cas de surinfection avérée. Les antitussifs sont contre-indiqués car la toux est utile : elle aide à désencombrer les bronches.

Eviter les bronchiolites, quelques conseils…

Ne pas laisser des personnes enrhumées câliner et faire des bisous à votre bébé.

Se laver les mains avant de vous occuper de votre bébé, et particulièrement après s’être mouché. Si vous n’avez pas de point d’eau à proximité, vous pouvez opter pour les solutions hydroalcooliques.

Évitez les endroits confinés et fréquentés comme les transports en commun et les grandes surfaces…

Aérez régulièrement votre logement  et la chambre de bébé.

Si vous toussez, utilisez un masque quand vous êtes à proximité de votre bébé et notamment pendant les tétées.

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