Au secours ! Douleur aux mamelon !

douleur sein

Les douleurs aux mamelons sont une des principales causes d’arrêt précoce de l’allaitement. Pourtant, elles ne sont pas une fatalité, dès lors qu’on en identifie la cause, on peut les traiter.

 

Mauvaise position d’allaitement

Une mauvaise position d’allaitement est l’une des causes les plus connues et fréquentes de douleurs aux mamelons. Pour permettre au bébé d’avoir une bonne prise du sein, il est important qu’il soit bien positionné pendant toute la tétée. Si ce n’est pas le cas, pour parvenir à téter, le bébé va devoir tourner la tête, serrer les mâchoires, pincer le mamelon : c’est douloureux et cela peut même créer des crevasses.

 

Mauvaise succion du bébé

Parfois, le bébé peut être bien positionné mais il a un problème de succion ou de prise du sein en bouche. Les causes sont multiples et doivent être identifiées avec l’aide d’un professionnel de l’allaitement :

  • Les seins sont tellement durs et engorgés que bébé n’arrive pas à prendre le mamelon loin en bouche.
  • Bébé n’ouvre pas suffisamment grand la bouche pour prendre le mamelon loin en bouche.
  • Bébé a modifié sa succion suite à l’introduction de biberons, de tétines ou de soins dans la bouche.
  • Bébé a un réflexe nauséeux très (trop) prononcé et refuse de prendre le mamelon loin en bouche.
  • Bébé serre les gencives sur le mamelon (par exemple à cause de tensions au niveau du crane, de la mâchoire ou bien de frein de lèvre trop court et trop serré).
  • La langue de bébé n’est pas suffisamment mobile (par exemple à cause d’un frein de langue trop serré ou d’un trouble neurologique).

Ces causes ne sont pas des fatalités et il est possible d’améliorer la succion avec un accompagnement pluridisciplinaire en fonction de la situation : consultante en lactation, chirurgien ORL, ostéopathe, orthophoniste, neurologue…

Ampoule de lait

Parfois, au cours de l’allaitement, on peut voir apparaître sur le mamelon une petite boule blanche qui ressemble à une « ampoule de lait ». Il s’agit de cellules de peau qui ont recouvert un pore lactifère et qui empêche l’écoulement du lait par ce pore. A l’origine, il y a pu y avoir un problème de canal bouché en amont mais ce n’est pas toujours le cas. La douleur et l’inconfort cesse dès que le pore est débouché. Il peut se déboucher spontanément lors d’une tétée ou d’une séance d’expression au tire-lait. Si ce n’est pas le cas, un professionnel de santé (sage-femme, médecin) pourra le percer avec du matériel stérile. On peut parfois voir un filament de lait pâteux en sortir.

Inflammation d’une glande de Montgomery

L’aréole est parsemée de glandes de Montgomery : ces glandes sont des petites glandes sébacées qui sécrètent une substance lubrifiante, odorante et antibactérienne. Parfois, l’une d’entre elles peut s’enflammer voire s’infecter. Elle ressemble alors à un gros bouton d’acné et elle peut être douloureuse notamment si la bouche de votre bébé frotte dessus pendant la tétée. Le traitement est le même que pour tout type de plaie infectée : désinfection en surface et si cela ne passe pas un professionnel de santé peut prescrire une crème antibiotique locale.

 

Utilisation inadaptée d’un tire-lait

Au cours de l’allaitement, une maman peut être amenée à utiliser un tire-lait.
Certains modèles sont assez brusques, d’autres ont des cycles de succion trop lent et peuvent créer des douleurs.
Le branchement sur le vide de l’hôpital est à proscrire impérativement et ne devrait plus être proposé aux mères hospitalisées!
La taille de la téterelle peut créer des douleurs voire des crevasses si elle est trop petite mais aussi si elle est trop grande.
La téterelle doit être bien centrée sur le mamelon pendant tout le temps du tirage car si elle est déviée, elle peut frotter sur une partie du mamelon et créer une blessure.
Si des douleurs sont apparues suites à l’utilisation d’un tire-lait, rapprochez-vous d’un spécialiste de l’allaitement ou de votre loueur spécialisé pour identifier la cause de vos douleurs. Il sera alors possible d’envisager un changement de taille de téterelle, un changement de machine ou un aménagement de l’utilisation de la machine.

Utilisation inadapté de bout de sein

Les mères peuvent parfois avoir utilisées des bouts de seins pour aider leur bébé à « s’accrocher » au sein. Bien souvent effectivement, le résultat est assez spectaculaire et le bébé s’accroche à ce petit « bout de plastique qui dépasse » sans pour autant que le problème initial de prise du sein soit traité.
Bien souvent, l’utilisation d’un bout de sein empêche le bébé d’avoir le sein loin en bouche. Le mamelon se retrouve alors entre les gencives. Or l’écran de plastique n’enlève en rien les douleurs liées à la compression du mamelon entre les gencives, elle peut même les majorer.
Par ailleurs si la taille du bout de sein n’est pas adaptée aux mamelons, le bout de sein en lui-même peut être responsable de nouvelles douleurs notamment si la face du mamelon se retrouve comprimée contre le fond du bout de sein.

 

Pathologie de la peau

L’allaitement n’est pas toujours la cause première de la douleur. Une pathologie de la peau peut rendre la zone du mamelon et de l’aréole douloureuse. La tétée ou l’utilisation du tire-lait devient alors insupportable.
Le mamelon peut être atteint d’une candidose mammaire, d’eczéma, de pseuriasisme, d’une dermatite, d’un impétigo, d’un herpès, etc.
Toute altération de l’aspect de la peau, blessures ou boutons suspects doivent vous amener à consulter. Ces pathologies peuvent être traitées localement ou par voie orale avec l’aide d’un professionnel de santé. L’allaitement n’est pas compromis : Parfois, une suspension temporaire s’impose sur le sein atteint pour ne pas contaminer le bébé (cas de l’herpès) ou bien un traitement préventif peut être donné au bébé en parallèle (cas de la candidose).
Les eczémas du mamelon sont beaucoup plus fréquents qu’on ne le pense : la fatigue et le stress qui suivent l’accouchement peuvent faciliter l’apparition de ce type de pathologie mais également tous les produits qui entrent en contact avec la peau pendant l’allaitement. En effet, les crèmes pour les mamelons peuvent être à l’origine de réactions allergiques (ex : la lanoline) mais aussi les coussinets d’allaitement jetables.

Douleurs neurologiques

Le mamelon est richement innervé, et il peut être victime de douleurs neurologiques. Ce type de douleur est intense, vive et peut survenir à tout moment. Les douleurs sont décrites comme des « douleurs irradiantes », des « décharges électriques », des « brûlures », des « coups de poignard ».
Il existe des variations concernant l’innervation du mamelon mais d’une façon générale le sein est innervé par la branche sus-claviculaire du plexus cervical superficiel et par les rameaux perforants antérieurs et latéraux des deuxièmes à sixième nerfs intercostaux.
Ainsi, tout traumatisme ou compression anormale des nerfs sur ces trajets peuvent être à l’origine de douleurs qui irradient jusque dans le mamelon. Dans ce cas l’allaitement n’est pas la cause primaire de la douleur. L’avis d’un ostéopathe ou d’un chiropracteur peut être intéressant.
L’allaitement peut cependant être à l’origine de ces douleurs neurologiques : les traumatismes répétés de la compression du mamelon dans la bouche d’un bébé qui serre très fort les gencives peuvent entraîner ce type de douleurs ainsi qu’un vasospasme.

Vasospasme du mamelon

Le mamelon est une zone richement vascularisée. Les petits vaisseaux sanguins qui l’alimentent peuvent transitoirement cesser leur fonction. La circulation sanguine dans le mamelon peut être altérée par un bébé qui comprime fort le mamelon, un mamelon très érectile, ou un syndrome de Reynaud. Le mamelon change d’aspect : Dans un premier temps, il se décolore puis lorsqu’il se revascularise il devient violacé ou rouge. C’est lors de ce second temps que la douleur devient intense. La douleur est donc en générale plus marquée après la tétée.
Ces douleurs peuvent être améliorées par un apport immédiat de chaleur et la limitation de l’exposition au froid mais aussi par une supplémentation en calcium, magnésium, vitamine B6 et huiles de poisson. L’amélioration de la prise du sein en bouche peut également limiter le phénomène. Dans les cas extrêmes, un traitement médicamenteux par inhibiteur calcique peut être envisagé par le médecin.

soyez le premier à commenter cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *